Aspicot, Coconfort et Dardagnan ¹

Soporifik et Hypnomade ²
Retenez bien : que ce soit dans le développement direct ou dans le développement indirect tout se passe pendant le temps de vie de l’individu !!!
Les bonbons pokémons
Maintenant que vous êtes rodéEs sur le développement direct et indirect, nous allons passer à un autre grand mystère (selon nous) du jeu Pokémon Go : les fameux bonbons nécessaires pour faire développer (et non pas évoluer) un pokémon d’un stade à l’autre. À quoi peuvent bien correspondre ces bonbons dans la vraie vie ? Formulez vos hypothèses !
Notre hypothèse à nous est qu’il s’agit tout simplement de nourriture ! En effet, les espèces à développement indirect dans la nature, comme le papillon Machaon dont nous avons déjà parlé tout à l’heure, doivent manger une certaine quantité de nourriture prédéterminée qui leur permettra d’avoir les réserves nécessaires pour subir les différentes étapes de leur métamorphose !
Les bonbons pokémons semblent bien refléter cette réalité pour les pokémons à développement indirect comme Chenipan, Chrysacier et Papilusion. Dans le jeu, pour chaque animal de cette famille attrapé on gagne 3 bonbons pokémons. On admettra que l’on n’attrape que des Chenipan et qu’on n’en transfère aucun au professeur (pour plus de simplicité).
Sachant qu’il faut 12 bonbons pour métamorphoser un Chenipan en Chrysacier, quel pourcentage de Chenipan se métamorphose en Chrysacier ? ³
Maintenant il faut 50 bonbons pour métamorphoser un Chrysacier en Papilusion, quel pourcentage de Chrysacier se métaphose en Papilusion ? ⁴
Au total, il faut 62 bonbons pour métamorphoser un Chenipan en Papilusion, c’est-à-dire qu’environ 5% des Chenipan attrapés se métamorphoseront en Papilusion⁵, ce qui correspond au taux de survie des papilllons Machaon dans la nature ! Les développeuses et les développeurs Pokémon ont fait un plutôt bon boulot pour représenter les réalités du développement indirect dans leur jeu ! Mais qu’en est-il du développement direct ?
Il faut que les pokémons à développement direct se nourissent aussi pour passer d’un stade de développement à l’autre aussi, donc il est possible de considérer les bonbons pokémons comme de la nourriture également.
En revanche, une autre notion peut se dégager de la « rareté » de la nourriture des pokémons.
Laissez-nous vous expliquer… Pour Soporifik/Hypnomade que nous avons vu plus haut il faut 50 bonbons Pokémon, ce qui fait qu’environ 1 sur 17 Soporifiks attrapés peut atteindre le stade adulte d’Hypnomade. Au vu des faibles modifications que cela implique, est-ce que cela vous paraît cohérent ? Quelles hypothèses pouvez-vous formuler ?

Soporifik et Hypnomade
Est-ce que vous savez ce qu’il se passe dans une meute de lionnes quand elles sont trop nombreuses ?
Elles se battent pour l’accès à la reproduction et à la nourriture… C’est pour ça que nous pensons que la « rareté » de la nourriture pour les Pokémons à développement direct peut s’expliquer par la volonté des développeuses et des développeurs Pokémon Go de vouloir contrôler la taille des populations, comme cela se passe dans la nourriture. Comme quoi les développeuses et les développeurs Pokémon ont pensé à beaucoup de choses en créant ce jeu…
Maintenant, passons à quelques cas particuliers, mais d’abord nous vous suggérons de faire une petite pause bien méritée !
Pokémon et le dimorphisme sexuel ou le cas Nidoran

Nidoking et Nidoqueen
Les Nidoran mâles et femelles se développpent par un développement direct qui comporte trois stades au cours desquels ils passent d’une forme quadripède à une forme bipède.
Le cas des Nidoran est quelque peu étrange : il existe une espèce femelle composée du Nidoran femelle, de Nidorina et de Nidoqueen ; et une espèce mâle composée du Nidoran mâle, de Nidorino et de Nidoking. Cela vous paraît-il étrange ?
Celà devrait ! Celà n’a aucun sens de classer dans deux espèces différentes les femelles et les mâles, quand bien même il y aurait quelques différences d’aspect général et de couleur. En effet, celà est très classique dans la nature et porte un nom particulier en biologie : le dimorphisme sexuel.
Le dimorphisme sexuel, c’est-à-dire l’ensemble des différences morphologiques plus ou moins marquées entre les individus femelles et mâles d’une même espèce, est un phénomène courant dans le règne animal.

Faisan femelle (à gauche) et mâle (à droite)
Le dimorphisme sexuel se retrouve chez les oiseaux comme illustré ici par le faisan, mais aussi chez le canard col-vert où le mâle est également beaucoup plus coloré que la femelle, comme c’est souvent le cas chez les oiseaux :

Canard col vert femelle (à gauche) et mâle (à droite)
Le dimorphisme sexuel se retrouve aussi chez les mammifères (comme dans l’espèce humaine ou bien chez le cerf où le mâle porte des bois contrairement à la femelle) ou chez certains Insectes comme les Mantidés où les femelles sont (le plus souvent, nous sommes en biologie, toute règle a ses exceptions !) beaucoup plus colorées que les mâles.
Bref, les développeuses et les développeurs Pokémon ont fait une bêtise en classant comme deux espèces différentes les Nidoran femelles et mâles. En effet, ceux-ci peuvent se reproduire entre eux, vivent dans le même environnement et leurs bébés peuvent se reproduire entre eux. Ceci caractérise bien une seule et même espèce qui présente tout simplement du dimorphisme sexuel.
L’adaptation à l’environnement ou le cas Évoli
Que se passe-t-il avec Évoli ? Ce mignon Pokémon présente trois forme adultes différentes que l’on obtient, dans le jeu d’origine, en fonction des pierres auxquelles on l’expose. 3 formes différentes pour le même pokémon ?! Comment expliquer cela ?
Il s’agit d’un cas extrême d‘adaptation à l’environnement, comme le montre le schéma ci-dessous :
Représentation du mécanisme d’adaptation
à l’environnement d’Évoli, qui selon les éléments
(feu, eau, électricité) va se développer en trois
formes différentes (Pyroli, Aquali, Voltali)
Il faut bien faire attention à ne pas considèrer Pyroli, Aquali et Voltali comme trois espèces différentes. Il s’agit bel et bien de la même espèce qui se développe en trois formes (plus avec les autres générations de Pokémons !) selon l’environnement auquel l’Évoli bébé est exposé.
Ce genre de phénomène existe dans la nature mais de façon beaucoup moins spectaculaire. Ainsi, l’escargot des haies présente des individus sans bandes et aux couleurs marron ou rose dans les milieux forestiers tandis que dans les milieux herbacés l’escargot des haies présente une coquille plus jaune avec des bandes. Et il s’agit bien d’une seule et même espèce ⁶.
Un autre exemple possible est celui des phasmes⁷.
Conclusion
Le bouton Évoluer est très mal nommé dans Pokémon Go, il devrait s’appeler Développement ! Ne faites plus l’erreur de dire que Magicarpe évolue en Léviator mais dites-bien que Magicarpe se développe en Léviator 😀
Et d’ailleurs, dernière question : est-ce qu’il s’agit de développement direct ou indirect ?⁸
Réponses
¹: bien vu il s’agissait bien de développement indirect, ce qui est assez rare chez les pokémons
²: bravo, il s’agit bien de développement direct
³: 3 / 12 soit 1 / 4 soit 25%
⁴: 3 / 50 ~= 1 /17 soit 5,88%
⁵: 3 / (12 + 50) * 100
⁶: http://codexvirtualis.fr/codex/cabinet-de-curiosites-virtuel/des-animaux-et-des-milieux/tous-differents-une-espece
⁷: (cf http://lesfanasdesphasmes.com/biologie/phasmes/camouflage/ au fil des mues ils peuvent rechanger au fur et à mesure des mues, par exemple de marron vert blanc puis de nouveau marron
⁸: indirect bien sur